Une infirmière prend la tension artérielle d'une fille à l'hôpital

L’hypertension au Québec : le thermomètre monte de plus en plus

Temps de lecture : 4 minutes.

Elle affectera 90% des Québécois au cours de leur vie si le manque de sen­si­bi­li­sation continue. Un fléau qui inquiète de plus en plus la Fondation des maladies du cœur et des acci­dents vas­cu­laires céré­braux du Québec.

Aujourd’hui, jeudi 17 mai, c’est la Journée mon­diale de l’hypertension. Et l’hypertension est dans la cité, paroles d’experts ! La Fondation des maladies du cœur et des acci­dents vas­cu­laires céré­braux a dévoilé, il y a quelques jours, une étude menée par Ipsos sur les risques de l’hypertension qui restent encore assez inconnues de la popu­lation. Selon son analyse, les Québécois sont plus conscien­tisés sur les ques­tions de nom­breuses maladies chro­niques à savoir : le cancer et le diabète. Et si les symp­tômes de ces der­nières sont dif­fi­ci­lement dis­cer­nables, c’est aussi le cas pour l’hypertension sur­nommée le « tueur silen­cieux ».

« Les Québécois pré­sentent un risque très élevé de faire de l’hypertension. Les gens sont moins pré­oc­cupés par le souci d’avoir cette maladie. Elle est appelée « tueur silen­cieux » parce qu’on ne ressent aucun symptôme, explique Nathalie Savoie, dié­té­tiste et direc­trice adjointe en nutrition pour les Producteurs lai­tiers du Canada. L’hypertension arté­rielle n’est pas en soi une cause de décès, il s’agit plutôt d’un facteur de risque important pour d’autres condi­tions qui, elles, sont mor­telles » poursuit la dié­té­tiste.

Les chiffres le démontrent sans ambi­guïté. 90%, c’est le nombre de Québécois qui rece­vront un diag­nostic de l’hypertension au cours de leur vie. Toutefois, c’est une per­sonne sur six qui n’est pas du tout consciente de son pro­blème de santé. De même, 46% de Québécois seulement affirment être pré­oc­cupés par la pos­si­bilité de déve­lopper cette maladie poten­tiel­lement mor­telle.

L’hypertension, c’est quoi au juste ?

On parle d’hypertension « lorsque la pression arté­rielle est plus élevée que la normale » précise la dié­té­tiste. En d’autres termes, c’est lorsque la pression arté­rielle est élevée dans les artères et oblige le cœur à faire plus d’efforts pour pomper le sang à travers les vais­seaux san­guins. Mais chez les per­sonnes constamment hyper­tendues, la tension reste haute à tout moment, qu’elles soient au repos ou en l’absence de stress.

C’est une maladie chro­nique dont 1,2 mil­lions de Québécois en sont vic­times. En se référant seulement à 2012, plus de 66 000 per­sonnes au pays ont suc­combé à une maladie du cœur ou à un accident vas­cu­laire cérébral, cela repré­sente une per­sonne toutes les sept minutes. Le sondage révèle éga­lement que la moitié de la popu­lation de la pro­vince du Québec ont ten­dance à croire que le mode de vie est un facteur de risque d’hypertension plus important que l’âge or le risque s’accroit avec l’âge, en effet plus de 50% des per­sonnes de plus de 60 ans vivent avec cette maladie. En termes de genres, la plupart de gens pense que les hommes sont plus exposés que les femmes. Mais l’étude estime qu’à plus de 60 ans, l’hypertension est plus cou­rante chez les femmes et plus de la moitié de cette tranche d’âge reçoivent un diag­nostic.

Face à la gravité de la situation, que faire ?

Certes, l’étude ne permet pas d’établir un lien de cau­salité entre les fac­teurs qui faci­litent l’existence de la maladie et les per­sonnes, mais la Fondation des maladies du cœur et des acci­dents vas­cu­laires céré­braux s’appuie néan­moins sur les mesures à prendre pour la détecter ou mieux l’éviter.

Dans un premier temps, elle recom­mande au public de faire mesurer la pression arté­rielle par un médecin ou par un autre dis­pen­sateur de soins qua­lifiés. . Aussi, il est recom­mandé aux Québécois de sur­veiller leur ali­men­tation au quo­tidien afin de s’assurer que l’on suit bien les recom­man­da­tions du Guide ali­men­taire canadien une fois par an à l’aide d’une cal­cu­las­siette, puisque d’après la Fondation, une ali­men­tation riche en pro­duits lai­tiers, en fruits et en légumes peut avoir un effet pré­ventif sur de nom­breuses maladies dont l’hypertension. L’application cal­cu­las­siette est télé­char­geable gra­tui­tement sur www​.consom​me​zassez​.ca

Grâce à la deuxième méthode qui consiste à adopter « de saines habi­tudes de vie » comme le note la direc­trice adjointe en nutrition pour les Producteurs lai­tiers du Canada, réduire le risque d’hypertension devient alors pos­sible. En d’autres termes, consommer des fruits et légumes frais et sains, ainsi que des pro­duits lai­tiers, initier sa propre cuisson en modérant l’utilisation du sel, du sucre et des graisses, pra­tiquer les acti­vités phy­siques, réduire la consom­mation du tabac et de l’alcool, le tout d’une manière régu­lière, sont parmi les moyens effi­caces pour pré­venir l’hypertension.

Reposant sur des travaux de la Fondation des maladies du cœur et des acci­dents vas­cu­laires céré­braux du Québec, l’hypertension est une maladie qui passe inaperçue et qui à la longue peut entrainer des consé­quences graves si elle n’est pas décelée très tôt. Dans les cas plus graves, elle est associée à des symp­tômes divers tels que : les maux de tête, des étour­dis­se­ments, des crampes mus­cu­laires, des troubles visuels, la fatigue, des sai­gne­ments de nez. Outre les conseils d’experts et les médi­ca­ments qui pour­raient être pres­crits par un médecin, une des pre­mières choses à faire est d’adopter un mode de vie sain. « Adopter aujourd’hui un mode de vie sain et une ali­men­tation équi­librée est à la portée de tous et pourrait aider à éviter de déve­lopper cette maladie », rap­pelle Nathalie Savoie.

Publié éga­lement sur

AfrikCaraibMontreal

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Christelle De Bougha

Journaliste intervieweuse et rédactrice amoureuse des histoires humaines et de leur esthétique. Drôle de mots pour dire qu’avec mes yeux, ma bouche, mes oreilles et ma plume, je raconte des vies de personnes passionnantes comme sources d’inspiration pour certains.

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