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Sergina Guéry : Quand le soleil de la Guadeloupe flirte avec l’hiver montréalais

8 com­men­taires Temps de lecture : 7 minutes.

Elle vient à Montréal pour étudier en admi­nis­tration des affaires puis, en com­mu­ni­cation mar­keting, il y a plus d’une quin­zaine d’années aujourd’hui. En 2011, elle a l’idée de créer Montréal Tropikal, une entre­prise spé­cia­lisée dans l’organisation d’évènements visant à faire la pro­motion des Antilles au Québec. Son rendez-​vous annuel est le Festival Soleil d’hiver arborant chaleur, plage de sable, pal­miers et bonne humeur pour désormais réchauffer l’hiver mont­réalais parce que « rendre les gens heureux autour d’elle en les voyant sourire » est l’objectif de sa créa­trice. Sergina Guéry, cette bonne fée de la Guadeloupe dont le nom sonne comme une sorte d’apaisement, offi­ciera la 6e édition de Soleil d’hiver en février 2017 au Marché Bonsecours dans le Vieux-​Montréal. Cette activité, éga­lement appelée « Festival du Sud qui réchauffe l’hiver mont­réalais », invite au ras­sem­blement de tous les mordus de plaisir et de chaleur par temps de froid.

Imposant, cha­leureux et simple à dénicher sur le Mont-​Royal, l’Île à sucre est un casse-​croûte antillais qui parait être une place où il est bon de réa­liser les inter­views. C’est le lieu par excel­lence pour faire parler Sergina Guéry, la pré­si­dente fon­da­trice de Soleil d’hiver. Chut, c’est un secret !

Il faut la voir pour le croire. Faut-​il parler de son appa­rence ? Et bien, Sergina Guéry pétille de posi­tivité et de bonne humeur. Elle incarne ces mères, celles qui vous cajolent, plus encore qui vous envoient un sourire même après que vous ayez réalisé la gaffe du siècle. D’ailleurs ce matin-​là, cette maman d’une petite fille de 8 ans et demi, res­plen­dis­sante dans ses cheveux dorés, ne nous a pas détestées après avoir décliné son offre de goûter un beau plat antillais faute de temps : c’est la bec­que­tance de luxe dont on en garde à jamais les sou­venirs appa­remment. Soit.

« offrir un bouquet de charme enso­leillé pour sus­pendre le très long hiver qué­bécois qui certes égaie cer­tains, mais sème la gri­saille chez beaucoup d’autres »

Photo de Sergina Guéry avec le Premier ministre Justin Trudeau
Sergina Guéry et le Premier ministre Justin Trudeau.

La relation de cette grande fri­leuse ori­gi­naire de la Guadeloupe avec l’hiver qué­bécois est une belle et longue his­toire d’amour s’inscrivant sous un angle de poli­tesse de l’une envers l’autre, c’est-à-dire que malgré le fait qu’elle trouve les tem­pé­ra­tures de la saison hivernale « froides, gla­ciales, et longues » sans tou­tefois se décou­rager, il a fallu qu’elle repère une excel­lente astuce pour que les Montréalais d’origines diverses puissent déguster agréa­blement et joyeu­sement l’hiver comme si c’était l’été. Au-​delà de la gaieté qu’elle transmet, Soleil d’hiver veut ren­forcer l’idée selon laquelle der­rière chaque obs­tacle se cache un trésor, mais qu’il est néces­saire de le com­prendre.

Soleil d’hiver : la chanson du réconfort pour les citoyens du monde en hiver

 Une Guadeloupéenne d’origine qui parle d’ « offrir un bouquet de charme enso­leillé pour sus­pendre le très long hiver qué­bécois qui certes égaie cer­tains, mais sème la gri­saille chez beaucoup d’autres » ? Oh oui, fort heu­reu­sement ! Diraient alors cer­tains.

Le Festival Soleil d’hiver trouve grâce aux yeux de mil­liers de Montréalais d’origines diverses et de nom­breux tou­ristes par­ta­geant tous le même déno­mi­nateur commun : la quête du plaisir et de la chaleur pendant l’hiver. Depuis sa création en 2011, cet orga­nisme à but non lucratif ne se met aucune limite pour faire couler le soleil à flot et les fes­ti­va­liers n’y résistent mani­fes­tement pas. Pendant cette période de l’année, c’est la diva : plus irré­sis­tible que s’ennuyer chez soi et plus diver­tissant que de compter des moutons sur les murs de sa chambre. Ses par­ti­ci­pants cèdent à sa ten­tation. Bref, c’est le rendez-​vous annuel tant attendu par ses apôtres affairés à éveiller leur corps et leur esprit lorsque la magni­fique neige n’a pas encore dit son dernier mot.

Quand l’on est une femme auda­cieuse ayant le sens de la créa­tivité, qu’on aime l’attitude positive, les gens, le soleil, qui plus est qu’on s’appelle Sergina Guéry et venant d’un pays tro­pical, ce sont les coups de chaleur assurés chez les pas­sionnés de ce fes­tival. Et c’est fort de ces qua­lités que cette femme modeste tou­jours sou­riante réussit à ras­sembler les Québécois avec un nombre assez consi­dé­rable de per­sonnes venant des des­ti­na­tions du sud : Guadeloupe, Martinique, Haïti, Brésil, Cuba, les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique. C’est le ras­sem­blement des citoyens du monde à Montréal à un moment où le froid s’impose par ses bas degrés et où plu­sieurs per­sonnes n’en peuvent plus – bien que cette froideur soit sup­por­table parfois – et veulent s’évader vers les pal­miers. C’est aussi « le rap­pro­chement culturel entre le chaud et le froid, entre les des­ti­na­tions du Sud et celles du Nord, les lieux de vacances que des Québécois affec­tionnent, tout cela dans le but de les faire voyager sur place », s’amuse t-​elle à dire.

Photo de Sergina Guéry

Pendant Soleil d’hiver, c’est pos­sible d’envoyer pro­mener la néga­tivité, la mau­vaise humeur et les angoisses de tout genre avec « une foule d’activités » toutes enso­leillées pour petits et grands : expo­sition d’œuvres d’art et de photos pré­sentée par Montréal Tropikal, plage de sable inté­rieure, spec­tacles de danse et de musique, jeux et acti­vités pour enfants, pré­sen­tation et vente de pro­duits tro­picaux, kiosques d’exposition, défilés de mode, de nom­breux cadeaux à gagner, etc. Vous voilà avertis !

Le Festival Soleil d’hiver a su se doter de porte-​paroles comme les jour­na­listes Angelo Cadet, Virginie Coossa et Anne-​Soleil Proteau res­pec­ti­vement lors des édi­tions 2015, 2014 et 2013.

L’on dit souvent que petit à petit l’oiseau fait son nid. On pourra désormais ajouter qu’à force de par­ti­ciper à ce fes­tival d’hiver, toutes les journées du calen­drier pour­raient sembler enso­leillées. Non, ce n’est pas une blague. Tout cela est très sérieux et a été bien calculé par sa fon­da­trice.

« Peu importe les coups durs de la vie, il y a toujours une source de bonheur… »

 Sergina ne s’est pas subi­tement réveillée un matin pour créer Soleil d’hiver. Loin s’en faut ! Cette œuvre est le fruit d’une réflexion assidue. L’idée naît lors de sa gros­sesse, ensuite prend tran­quillement forme pendant qu’elle occupe un emploi à temps plein en com­mu­ni­cation. En même temps, le besoin de voir un fes­tival en hiver était pressant chez ses amis Québécois, Sergina invite régu­liè­rement ceux-​ci à souper chez elle. Il se dégage alors des pro­po­si­tions de toutes parts, un brin fan­tai­sistes : réunir les natio­na­lités de leurs des­ti­na­tions voyages dans le sud, des cultures diverses garnies de cock­tails, de la bouffe antillaise, d’une plage de sable, de danse et musique, et autres acti­vités pour se réchauffer. Toutes ces sug­ges­tions ne pou­vaient que conforter Sergina dans « sa folie », d’où l’élaboration de son plan d’affaire et le début de ce projet qu’elle raf­finera avec ses proches.

« Si elle avait la pos­si­bilité de pouvoir donner à quelqu’un ce qui lui manque…»

Photo de Sergina Guéry

Pour encore mieux com­prendre le besoin et l’envie de pro­pager le bonheur qui enva­hissent la fon­da­trice de Soleil d’hiver, il faut remonter à son ado­les­cence, à sa vie en famille où tout le monde savait pro­fiter de l’instant présent. De ses parents, surtout de sa mère qu’elle appelle « un soleil sur deux pieds », elle a retenu des leçons de vie innom­brables. Ce modèle maternel l’a énor­mément ins­pirée. D’elle, elle a appris le plus important : par­tager malgré la peti­tesse de ce qu’elle avait, rester heu­reuse et fière même si elle n’avait pas tout ce qu’elle voulait, savoir rester positive malgré la dureté parfois de la vie, apprendre à sourire après quelque chose de négatif car le hasard est très peu pro­bable. Bref, « lorsqu’elle était gamine, elle regardait sa mère comme une espèce de déesse », se confit-​elle avec une allé­gresse d’enfant qui lui colle à la peau comme un tatouage.

L’enfance heu­reuse qu’a vécu Sergina reste à jamais gravée dans sa mémoire. De ce fait, elle ressent l’envie de trans­mettre à son tour cet état d’esprit aux autres : à sa fille, à ses amis et aux fes­ti­va­liers. Trois de ses nom­breuses qua­lités ayant facilité son inté­gration à la vie qué­bé­coise sont sa joie de vivre, son audace et son sens de la curiosité. Mais elle n’est pas seulement à la hauteur de son inté­gration réussie puisque son pro­cessus créatif fonc­tionne surtout grâce à la foi qu’elle a en son projet. Le résultat de cette ferveur l’amène vers des per­sonnes res­sources et asso­cia­tions qui par­tagent ses valeurs. Cela lui ouvre les bonnes portes comme la mer devant Moïse.

Cette enfant de la Guadeloupe et du Québec par adoption joue sa par­tition dans la cour du bonheur, conférant une pro­fondeur assez phi­lo­so­phique à son œuvre. « Être heureux peu importe la saison ou les coups durs de la vie, il y a tou­jours une source de bonheur quelque part qui peut être trouvée. » On croit deviner dans ces paroles de Sergina la capacité de tout changer aima­blement avec une baguette magique. Car, au fond, « si elle avait la pos­si­bilité de pouvoir donner à quelqu’un ce qui lui manque », elle le ferait si elle était « une fée ». Parole de Sergina Guéry, Présidente et fon­da­trice de Montréal Tropikal et Soleil D’hiver.

Quelques pépites sur Sergina

  • Les mots qui défi­nissent votre enfance : Amour, partage, joie.
  • Quel est l’accessoire qui ne vous quitte jamais : Mon télé­phone.
  • Votre couleur pré­férée : Orange. Je trouve cette couleur cha­leu­reuse. Quand je la vois je suis joyeuse.
  • À quoi le mot soleil vous fait penser : Soleil d’hiver.
  • Quelle senteur préférez-​vous dans les parfums : Aux agrumes. J’aime tout ce qui est citron vert ou lime.
  • Votre style musical : Presque de tout : rock, musique clas­sique, zouk, jazz, musique afri­caine, salsa, bat­chata, hip hop, lounge
  • Les mots dont vous ne pouvez pas vous passez : « Je t’aime » venant de ma fille ou mon Chéri Alain. « Merci » Je remercie beaucoup les gens autour de moi de faire partie de ma vie parce que pour moi c’est un beau cadeau. Ceux qui m’aident dans mes projets, je leur dis merci.
  • Les gens que vous aimez le plus : Ma fille Jaleeya, ma mère, mon père qui veille sur moi de là-​haut, mes sœurs, ma famille, mes proches. Ma famille est très soudée. J’ai aussi la chance de par­tager ma vie avec un homme excep­tionnel qui a, lui aussi, une famille en or.
  • Êtes-​vous tou­jours de bonne humeur : Oui. C’est rare que je ne sois pas de bonne humeur. Ma colère s’évapore vite.
  • Les petits plats sympas que votre fille aime que vous lui fassiez ? Un plat de la Guadeloupe appelé « Colombo de poulet ».
  • Si vous étiez un per­sonnage his­to­rique ou de dessin animé, quel serait-​il : Une fée.
  • Avez-​vous peur : Tout le temps. Mais en même temps c’est ce qui me permet d’avancer.
  • Votre des­ti­nation de rêve ? Hawaï. M’allonger sur sa plage en écoutant la musique avec un cocktail bien froid pour me rafraichir.

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Publié par

Christelle De Bougha

Journaliste intervieweuse et rédactrice amoureuse des histoires humaines et de leur esthétique. Drôle de mots pour dire qu’avec mes yeux, ma bouche, mes oreilles et ma plume, je raconte des vies de personnes passionnantes comme sources d’inspiration pour certains.

8 réflexions sur “Sergina Guéry : Quand le soleil de la Guadeloupe flirte avec l’hiver montréalais”

  1. Je trouve ce blog très pas­sionnant de part la richesse de ses articles . on y retrouve de l’esthétique et c’est ça de l’art pur .
    Je kiff

  2. Félicitations sur ce bel article sur Sergina, je la connais depuis une dizaine d’années, je la chance de tra­vailler avec elle sur plu­sieurs projets pour l’organisme pour lequel je tra­vaille, tou­jours pleines d’idées, des solu­tions, efficace, positive et très pro­fes­sion­nelle. Je ne pourrais pas me passer de ses ser­vices pour la rédaction, nos évé­ne­ments, le gra­phisme etc.

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