Travailler dans les espaces de bureau ouverts : plaisir ou calvaire ?

Temps de lecture : 4 minutes.

Nous le savons depuis très long­temps, la concen­tration reste l’une des clés de réussite dans des domaines bien divers. Au travail par exemple, elle est un choix bien adapté lorsqu’une entre­prise vise un ren­dement supé­rieur ou égal à ses attentes. Cependant, un seul groupe de mots semble remettre légè­rement en question cette foca­li­sation qui, dans bien des cas, recherche énor­mément d’énergie positive et de silence : le travail dans un espace de bureau ouvert. Ce mode de travail, pra­tiqué par cer­tains employeurs rythme le quo­tidien d’un grand nombre d’employés ici et là. Un quo­tidien qui peut être aussi stressant que plaisant selon l’avis de chacun.

La pro­duc­tivité, l’efficacité et le bien-​être sont-​ils pos­sibles dans un envi­ron­nement où les employés sont agglu­tinés dans un espace assez large ? C’est pré­ci­sément à cette inter­ro­gation que cer­tains employés ont accepté d’émettre leurs visions aussi diverses que variées. Néanmoins, si la pro­duc­tivité et l’efficacité ne sont pas ébranlées, la concen­tration et le bien-​être, eux, y laissent plu­sieurs de leurs plumes.

Ainsi, pour une dou­zaine de per­sonnes inter­rogées, la qualité de vie au travail est un maillon incon­tour­nable et pri­mordial. De même, les espaces ouverts sont plus pro­pices au stress que les bureaux fermés.

Le portrait – robot du collègue rabat-​joie

Cette enquête, qui a porté sur un échan­tillon de 12 per­sonnes tra­vaillant dans des espaces ouverts et fermés, montre une dif­fé­rence consi­dé­rable entre les deux types d’espaces.

Les espaces de bureau ouverts sont les lieux de stress et c’est énor­mément le cas pour 8 per­sonnes inter­rogées pour qui la cause est sans contes­tation cer­tains de leurs col­lègues de travail. Ce malaise implique une défaillance de leur bien-​être surtout psy­cho­lo­gique jusqu’à atteindre des pro­por­tions pas banales du tout.

De quoi parle t-​on pré­ci­sément ?

Les carac­té­ris­tiques majeures d’un per­tur­bateur, c’est-à dire celui qui ne connaît pas ses limites dans un espace de bureau et dont les débor­de­ments sont très mal sup­portés par l’entourage, sont innom­brables, celles qui reviennent le plus souvent :

  • Il parle très haut et fort : que de fois n’avons-nous pas entendu cette remarque. Le per­tur­bateur est inca­pable d’ajuster le volume de sa voix tout en tenant compte de ses autres col­lègues. Même s’il peut être très apprécié pour sa sym­pathie, il confond consciemment ou incons­ciemment son canapé et le bureau, et ça dérange.
  • Il a mille et une raisons pour attirer l’attention : dès le seuil de la porte du bureau à son arrivée, il s’efforce de ne pas res­pecter le silence et la concen­tration des autres, pourtant un petit bonjour ou salut suf­firait. Que nenni ! Les raisons de son retard sont mul­tiples : de la panne du métro jusqu’à son cadran qui n’a pas sonné en passant par l’indigestion et le mal de dent.
  • Sa vie privée est publique : Si l’on cherche les angoissés, ils sont dans les lieux de travail. Ses angoisses et sautes d’humeur sont l’affaire de tous. Ses photos de voyages, ses élu­cu­bra­tions, ses remarques sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux et ses chi­canes de couples sont crous­tillantes peut-​être, mais s’est-il demander si le moment est opportun ?

Un espace favorable à l’utile et à l’agréable

Tous les mots évoqués par les 12 par­ti­ci­pants sur les espaces de bureau ouverts ne sont pas tous mis au même pied d’égalité puisque cer­tains y voient car­rément un certain enthou­siasme qui s’explique par plu­sieurs raisons :

  • Une dyna­mique : Au gré de cette enquête, c’est l’un des mots qui illustre mieux les points positifs des espaces de bureau ouverts. L’ambiance ici est plus convi­viale et moins « plate » que s’enfermer dans un bureau pour tra­vailler. L’on acquiert faci­lement une cer­taine aisance et habi­letés pour demander de l’aide aux autres. Aussi, l’esprit d’équipe devient un auto­ma­tisme auquel per­sonne n’échappe, un esprit qui rend chacun dis­po­nible à tous. Bref, il y a donc là un esprit ras­sem­bleur.
  • La détente : une bonne blague lancée par un employé permet tant bien que mal de se détendre, d’apprécier l’instant présent et d’installer une ambiance agréable par la suite.
  • Pas de sin­gerie : dans un espace comme celui-​là, il est facile de savoir si quelqu’un tra­vaille ou fait sem­blant. Impossible d’aller sur les sites illi­cites ou de dormir parce que tout le plancher te verrait.

Alors que les bureaux fermés sont lar­gement le choix pré­fé­rentiel de plu­sieurs employés inter­rogés grâce dûment à leur accès à l‘intimité, à la concen­tration et au bien-​être per­sonnel, les espaces de bureau ouverts quant à eux ne se laissent pas gommer pour autant.

Mais comment donc se décider à choisir entre les espaces de bureau ouverts et ceux fermés si plu­sieurs cri­tères sont pris en compte ?

Les dif­fé­rents cri­tères sont le reflet d’une attitude qui dépend des entre­prises, de leur ren­dement et de leurs employés. Il existe des per­sonnes qui sup­portent très bien le bruit et d’autres pas. Tous les espaces de bureau ne sont pas nocifs pour la santé. Si c’était le cas, ils n’existeraient sûrement plus du tout.

Toutefois, tous les inter­viewés sont una­nimes pour dire qu’un employeur digne de ce nom devrait prendre le temps d’observer conti­nuel­lement ses employés, de les écouter et de penser aux com­promis si néces­saire.

Publié éga­lement sur

AfrikCaraibMontreal

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Publié par

Christelle De Bougha

Journaliste intervieweuse et rédactrice amoureuse des histoires humaines et de leur esthétique. Drôle de mots pour dire qu’avec mes yeux, ma bouche, mes oreilles et ma plume, je raconte des vies de personnes passionnantes comme sources d’inspiration pour certains.

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